Barrage de Grangeant sur la Loire

CC72100 ligne 4 sncf

Balade Photos dans la retenue du vidangée en 2012

barrage de Grangeant

● Situé dans les gorges de la Loire, juste à la limite entre les départements de la Loire et de la Haute-Loire (à proximité de Saint-Étienne), le barrage de Grangent est un ouvrage hydroélectrique majeur mis en service en 1957.

La vidange exceptionnelle de mai 2012

Du 14 mai au 1er juin 2012, le barrage de Grangent a connu une opération rare et spectaculaire : une vidange décennale partielle, suivie d’un abaissement total de son niveau d’eau. La dernière vidange complète remontait alors à plus de 30 ans (1981).

La Loire a été progressivement vidée, révélant un paysage lunaire et l’histoire engloutie de la vallée :

  • Le retour du passé : Le niveau de l’eau est descendu si bas que les vestiges du pont de Saint-Victor-sur-Loire, englouti lors de la mise en eau en 1957, sont réapparus.

  • La vase : Des tonnes de sédiments accumulés au fond du lac ont été mises au jour, transformant le paysage bleu azur en un canyon de boue grise.

  • L’ancienne ligne de chemin de fer Firminy – Saint-Rambert-d’Albon

    L’une des découvertes les plus spectaculaires de la vidange de 2012 a été la réapparition des infrastructures de l’ancienne ligne de chemin de fer qui serpentait au fond des gorges de la Loire.

    • Le tracé historique : Avant la construction du barrage, le train passait au plus près du fleuve. Cette section de ligne permettait notamment de relier le bassin houiller de Saint-Étienne à la vallée du Rhône.

    • Les vestiges visibles en 2012 : Lorsque les eaux se sont retirées, les promeneurs et les passionnés d’histoire ferroviaire ont pu voir ressortir de la vase les plateformes de la voie, les murets de soutènement en pierre de taille, et surtout l’entrée de plusieurs tunnels ferroviaires. Ces tunnels, qui avaient été noyés en 1957, sont apparus totalement intacts, comme des bouches noires sortant du limon.

    • Un paysage pétrifié : Bien que les rails aient été retirés avant la mise en eau pour être récupérés, le tracé de la voie était parfaitement identifiable, offrant l’image d’une ligne « fantôme » figée dans le temps.

    Le cimetière de véhicules abandonnés

    L’autre surprise majeure – et beaucoup plus insolite – de la vidange de 2012 a été la mise au jour d’un véritable cimetière de voitures au pied du barrage et dans les zones profondes du lac.

    • Des décennies d’abandons : Contrairement à la ligne de chemin de fer, ces véhicules ne dataient pas tous de 1957. Le lac de Grangent a servi, pendant des décennies, de déversoir clandestin. On y a retrouvé des dizaines de carcasses de voitures datant des années 1960, 1970 et 1980 (des tractions, des Renault 4, des Peugeot 204 ou 504, etc.).

    • L’origine de ces voitures : La majorité de ces véhicules étaient des voitures volées, poussées du haut des falaises ou des ponts par des délinquants pour faire disparaître les preuves, ou des fraudes à l’assurance de l’époque.

    • L’état des carcasses : Prisonnières de la vase et de l’eau froide pendant des décennies, les voitures sont apparues complètement aplaties par la pression de l’eau, recouvertes d’une épaisse couche de sédiments et de coquillages d’eau douce (des moules zébrées). Certaines n’étaient plus que des tas de ferraille rouillée informes, tandis que d’autres laissaient encore deviner leurs formes d’origine.

    • L’opération de nettoyage : EDF et les autorités ont profité de cette mise au sec pour dépolluer le site. Une grande opération de levage a été organisée : des pelles mécaniques et des grues ont extrait ces dizaines de carcasses de la boue pour les envoyer à la casse, libérant ainsi le lit de la Loire de cette pollution historique.

 

Le Barrage de Grangeant sur la Loire